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Histoire de l’IDHEC
Allocution de Monsieur MARCEL L’HERBIER A la séance inaugurale Du 10 janvier 1944 (2)
S’il n’a pas dit cela, s’il a montré plus de sagesse que feu son illustre collègue, c’est qu’il a pensé, avec une haute intelligence des catastrophes, qu’un des plus sûrs moyens de remédier aux cuisantes blessures de la chair Nationale, c’était d’évacuer nos activités valables, vers les zônes franches de l’esprit.
Il l’a fait . Il m’a depuis 18 mois, constamment aidé à le faire. Il a permis que les efforts d’une jeune équipe s’ajoutent (en cours de route) aux miens. Vous en voyez le premier résultat ce soir.
Nous sommes ici dans la Maison qui est déjà, mais qui, surtout, deviendra le Foyer de la Connaissance Cinématographique Française. La Maison de tous les Cinéastes… Des maîtres y élaborent un enseignement qui ne s’était jamais donné. Des élèves y sont à un travail qui les convainc, qui les exalte. Ensemble, ils préparent ce que nous attendons comme notre seule récompense :
UNE AMELIORATION PROFONDE
DE NOS FILMS FUTURS

Pour mesurer exactement le mérite qui revient à Monsieur Galey, avaliseur officiel de nos dépenses d’énergie et de nos prodigalités de Foi, une simple comparaison suffit :
En pleine guerre, grâce à lui, un projet ambitieux qui innove dans bien des domaines, qui se heurte à des préjugés fanatiques, à des intérêts coalisés, ou à des vues trop courtes, qui se heurte aussi bien à des curiosités, à des enquêtes occupantes, un projet, plein d’inconnues, prend corps et après quelques mois d’incubation raisonnable, il se change en la réalité ostensible que vous avez sous les yeux.
Alors que pendant 20 ans, en pleine paix, la France, malgré nos démarches itératives auprès des Ministres –changeants certes- mais qu’une volonté étrangère frappait d’incapacité Cinématographique permanente, la France n’a jamais permis aux Cinéastes, -ces hors-la-loi républicains-, la moindre organisation de leur profession, ni de voir l’art qu’ils servent se construire génériquement à l’abri des compromis et des faillites.
C’est dans cette éloquente comparaison de faits indéniables, que je trouve à renforcer, à rendre plus ému et reconnaissant ce simple mot que je dis à Monsieur Galay, au nom j’espère d’une grande part de notre Cinématographe :
-Merci.

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